Les
écosystèmes obéissent aux lois de la nature. Chaque bassin est un écosystème
particulier : celui-ci diffère selon la qualité de l’eau de
remplissage, la biocénose implantée (végétaux, empoissonnement…) et
spontanée qui varie selon l’endroit où est situé le bassin.
Le
danger des métaux lourds
Avoir
une eau claire est possible grâce aux métaux lourds (cuivre, zinc, nickel ou
encore plomb, mercure,…). Ceux-ci sont constamment et de plus en plus fréquemment
utilisés dans nos bassins, dans l’eau de ville (désinfection, stérilisation,
neutralité) et divers produits utilisés (insecticide, médicament, désherbant...).
Ils assurent une propreté et une clarté d’eau car jusqu’il y a peu, c’était
impossible à obtenir avec d’autres substances ou procédés.
Les
métaux lourds sont en fait extrêmement néfastes et ils causent des dégâts
pratiquement irréparables; nombreux sont ceux qui se laissent tenter par ces
produits miracles conseillés par une connaissance ou un professionnel. Ils sont
présents dans des préparations commerciales (produit anti-algues,….) ou même
depuis peu distillés par des appareils, en apparence sophistiqués, mais d’un
fonctionnement dont la simplicité n‘a rien à envier aux dangers qu’ils
peuvent induire.
D’autres
part, il est un fait établi que, à dose infinitésimal, les métaux lourds
sont indispensables aux êtres vivants. Il sont impliqués dans la synthèse des
acides nucléiques (ADN et ARN), ils interviennent dans la constitution de
nombreuses protéines essentielles dont des enzymes et des vitamines.
Ils
sont donc nécessaires à la vie car sans eux la majorité des réactions
biochimiques du métabolisme ne pourraient avoir lieu.
Alors,
les métaux lourds sont-ils réellement dangereux ?
Si
des traces sont nécessaires, leur concentration dans l’étang ne peut
augmenter, même faiblement sans qu’ils deviennent remarquablement toxiques
interférant à court ou à long terme, sur la majorité des fonctions vitales
des poissons ainsi que sur leur environnement.
Ces
métaux lourds sont probablement les pires poisons que l’on puisse administrer
à un bassin, leurs effets dévastateurs sont très variables et impossibles à
contrôler. Aussi, ils ne s’éliminent jamais totalement du bassin ou des
organes des poissons et invertébrés intoxiqués.
Dans
certains pays, on conseille fortement de ne pas utiliser de canalisations en
cuivre ou en plomb, de ne pas employer de l’eau conservée dans des citernes
en métal et encore moins celle collectée par des corniches ou gouttières en
zinc, et ceci que ce soit pour sa propre consommation, pour la consommation de
culture , de bassin aquatique et de bassin d’orage des routes, car tout ceci
se retrouvera tôt ou tard dans des canalisations qui sont déjà traitées par
ces produits d’où une augmentation de ces métaux lourds et une situation
incontrôlable.
Les
problèmes et lésions qu’ils provoquent chez les poissons sont nombreux et il
arrive déjà aujourd’hui que des poissons soient intoxiqués pendant une
longue période sans que l’on ne s’en aperçoive. En effet, suivant la molécule
utilisée (et la dose administrée), la toxicité sera directe (intoxication
aiguë au sulfate de cuivre ou de nickel par exemple) ou apparaîtra après
plusieurs mois voire années (chronicité plutôt typique de l’oxyde de zinc)
à un moment où il devient difficile d’incriminer l’utilisation d’un
produit dont on n’a même plus le souvenir.
Les
trois éléments qui posent le plus souvent des problèmes en bassin et le plus
couramment utilisés, sont le cuivre, le zinc et le nickel.
Dans la nature, on les retrouve principalement sous forme de sels, de
carbonates, d’oxydes de silicates, de chlorures, de sulfates… Ils sont
utilisés dans la galvanisation, ils entrent dans la composition du laiton ou
d’autres alliages. Leurs dérivés sont largement utilisés dans l’industrie
chimique et pour l’agriculture (anti-herbes, anti-mousses, anti-mollusques,
insecticides,…). Ils se retrouvent ainsi parfois à des concentrations élevées
dans les eaux de décharge et donc certaines eaux de surface.
Dans
nos bassins, l’apport régulier a souvent trois origines :
1) L’apport régulier
d’eau du robinet et plus généralement d’eau de pluie ou de source venant
de citerne ou de toiture, contaminée peut aboutir à une accumulation lente
d’un de ces éléments toxiques.
2) Il arrive
parfois qu’un métal soit présent dans le bassin et se dissolve lentement
dans l’eau (la bague en plomb sur les plantes lestées dans le commerce,
tuyaux ou raccords en cuivre dont l’utilisation aurait du être proscrite,
l’utilisation de béton qui n’a pas été hydrofugé avec une présence de métal
dans sa préparation).
3) La cause de
loin la plus fréquente d’intoxication à un métal lourd dans un bassin reste
malheureusement l’apport externe destiné à lutter contre une eau verte, des
algues ou diverses maladies. Les molécules les plus utilisées étant le
sulfate de cuivre ( CuSO 4, l’oxyde de zinc ( ZnO) et le sulfate de nickel ( NiSO4).
Une
autre source est plus d’une fois l’activité de pulvérisation d’un voisin
ou d’un agriculteur dans le voisinage immédiat du bassin. Après une bonne
averse, ces phosphates organiques se retrouvent non seulement dans l’étang,
mais les pesticides infiltrent aussi dans l’eau de fond et peuvent en hautes
concentrations provoquer la paralysie et une mortalité aiguë. En faible
concentration, ces pesticides s’accumuleront dans les organes, causant ainsi
un arrêt de la croissance, des troubles de fertilité ou des déformations de
la colonne vertébrales. Les ides mélanotes y sont particulièrement
sensibles.
Toutes
les substances citées sont toxiques pour les bonnes bactéries (et donc la
filtration), les poissons et les autres organismes (algues, invertébrés,…)
présents dans nos étangs.
Ayant
une toxicité variable, elles sont intimement liées aux conditions particulières
de chaque étang. Le métal se lie à de nombreux sites de fixation présents
dans l’environnement et sa disponibilité/toxicité sera donc dépendante de
la quantité de ces sites. Il sera par exemple beaucoup plus toxique dans les
eaux de pH doux que dans les eaux dures. Il se lie aussi à la matière
organique et sera donc moins dangereux dans les étangs chargés que dans les étangs
propres.
Cette
toxicité est également liée au taux de minéraux (principalement calcium) et
au pH : plus ces paramètres diminuent, plus le poison agit vite et
fortement.
Il
en va de même avec la température et le taux d’oxygène dissous.
Une
fois mis en solution dans un bassin, un métal lourd ne disparaît jamais
avec le temps à moins de faire de nombreux changements d’eau et de retirer
les boues et la vase auxquelles il s’est fixé.
Du
fait que le métal ne disparaît jamais, il se produit fréquemment des
accidents lors d’une réutilisation : on l’utilise une fois ou deux
sans problème, car il est piégé par les sites de fixation et donc moins
toxique. Plus tard, on décide de répéter le traitement. Cette nouvelle
quantité supplémentaire ne pourra plus aller se lier aux sites déjà occupés
et agira alors spécifiquement sur les poissons provoquant une véritable hécatombe
en quelques heures.
Si
les poissons en survivent, celle-ci restera néanmoins toxique pour une période
très longue, agissant sur la qualité de la production de mucus et en diminuant
fortement les défenses du poisson à long terme.
Apparaissent
alors toute une série de maladies pour lesquelles aucun des remèdes habituels
n’est vraiment efficace.
Deux
signes de l’intoxication chez nos poissons, intoxication aiguë et chronique.
La
première apparaît rapidement suite à une surdose brutale. Les poissons sont
abattus, la majorité vient respirer en surface, d’autres se couchent au fond.
Ils ont souvent un aspect blanchâtre lié à la précipitation du mucus à la
surface de la peau, les yeux se voilent et les nageoires sont souvent collées
au corps.
Les
poissons réagissent qu’après être stimulés par l’épuisette puis
redeviennent rapidement prostrés.
Les
poissons qui auront survécu devraient s’en sortir, mais les quelques jours
qui suivent l’accident sont toutefois délicats : les dégâts causés au
mucus et aux branchies prédisposent les poissons aux infections cutanées (ulcères)
ou à la suffocation.
Selon
la dose et la durée d’exposition, selon la quantité de métal encore présente
dans le bassin, les poissons peuvent encore développer plus tard les lésions
de l’intoxication chronique.
Ces
signes aigus font généralement suite à l’administration d’une surdose de
cuivre ou de nickel tandis que le zinc ou le plomb créeront des problèmes plus
tardivement suite à une exposition prolongée, car ils vont lentement
s’accumuler dans les tissus des poissons et conduire aux symptômes de
l’intoxication chronique.
Ces
signes peuvent apparaître plusieurs mois ou plusieurs années après une
exposition ponctuelle mais plus généralement, ils font suite à de faibles
doses pendant une ou plusieurs périodes plus longues.
Dans
certains cas, les poissons ne mangent pas (c’est souvent le cas du cuivre) ou
recrachent la nourriture.
Le
sulfate de cuivre est en poudre bleu turquoise très soluble, parfois vendue en solution préparée
pour une dilution directe dans l’eau.
L’origine
de petits ulcères de ce type est l’intoxication au cuivre
Certains
mesurages démontrent que dans les premières centaines de litres d’eau du
robinet, il y a une teneur en cuivre jusqu'à 2 mg/L, pour baisser ensuite à
0.01mg/L. Il faut donc, en remplissant de petits bassins, laisser couler un peu
d’eau avant d’entamer le remplissage
Pour
un koï, le cuivre peut déjà être toxique à partir d’une valeur de 0.1
mg/L ; au plus jeune le koï, au plus sensible il est.
Les
effets toxiques aigus par le cuivre sont variés et tous graves, le cuivre agit
- en précipitant le mucus notamment sur les branchies. Ce phénomène,
associé à l’hyperplasie qu’il induit, conduit rapidement à une détresse
respiratoire suivie d’asphyxie et de la mort.
-
en inhibant les réactions enzymatiques, ce qui provoque des modifications
graves du métabolisme.
-
de façon néfaste sur le foie et les reins et en influant le bon fonctionnement
de ces organes.
-
comme dépresseur important de l’immunité.
-
sur la filtration : il reste toxique pour les bactéries nitrifiantes
jusqu’à son élimination total.
-
sur le biotope en détruisant de nombreux invertébrés, algues, plantes,…nécessaires
au bon équilibre de l’eau et du bassin.
Le
diagnostic se fait par simple test du cuivre et du nickel vendus couramment dans
le commerce aquariophile ou les jardineries aquatiques.
Chez
les poissons, le fer joue un rôle important dans la fabrication
d’hémoglobine, nécessaire à la consommation d’oxygène. Les plantes
utilisent le fer pour la fabrication de chlorophylle. L’eau du robinet ne
contient pour ainsi dire pas de fer : Le fer sera d’ailleurs vite lié
par l’oxygène, qui le fera se déposer.
Le
koï trouvera dès lors le fer nécessaire dans sa nourriture. A partir de
valeurs de 0.2mg/L, le fer peut être toxique, principalement dans une eau douce
et acide. Lorsque la teneur en fer augmente, l’eau obtient une couleur brunâtre,
ce que nous remarquons régulièrement dans l’eau de fond. En dehors d’un
effet direct toxique sur les branchies et les organes internes, le fer refoulera
également d’autres oligo-éléments comme le manganèse.
L’oxyde
de zinc est très répandu,
contrairement au cuivre, le zinc induira rarement une intoxication aiguë, Si
malgré tout elle se produit, elle entraînera aussi une asphyxie du poisson :
il y aura précipitation du mucus, hypertrophie et décollement de l’épithélium
branchial.
En
fait, le zinc n’est soluble que dans les eaux acides et très douces, il
n’est pas soluble et donc pas repris dans l’échantillon pour tester
l’eau. Par contre, si on prélève la vase ramassée au fond, les particules
de zinc (parfois visibles à l’œil nu) sont mises en évidence par un dosage
adéquat réalisé en laboratoire.
Comme
il n’y aura pour ainsi dire jamais de lésions directes consécutives à une
administration de zinc, c’est un poison plus vicieux, plus difficile à
identifier. Il est absorbé par les poissons directement par le mucus et les
branchies. On en retrouve des doses élevées dans les yeux, les reins, les os,
les ovaires, le tractus digestif, ainsi que dans le foie, les muscles en
concentration moindre.
Il
provoque des déformations de la colonne vertébrale, des tumeurs, des problèmes
de vue (poissons aveugles), le mucus sera de mauvaise qualité et râpeux.
Pour
le nickel et l’acier inoxydable
Les
effets d’une surdose ou d’une exposition prolongée au nickel sont très
similaires à ceux du cuivre. La seule différence observée est en effet
nettement plus dévastateur du nickel sur les plantes, même à des doses ou
aucun symptôme d’intoxication n’est visible sur les poissons.
Il
reste à signaler que l’utilisation de l’inox qui devient plus fréquente dans la fabrication de filtres ou stérilisateurs UV
pourrait créer des problèmes.
Tous
les inox, quelle qu’en soit la qualité, sont principalement composés de
chrome et de nickel.
Tous
les inox s’oxydent, (se piquent) dans l’eau, principalement en présence de chlorures (ce qui interdit par exemple
l’utilisation du sel ou de l’eau du robinet !).
En
s’oxydant, le filtre libère ses composants toxiques dans le bassin.
Comment
réagir en cas d’intoxication ?
Il
faut intervenir au plus tôt, surtout si des symptômes sont
visibles.
Il
faut arrêter de nourrir les poissons et oxygéner
le bassin au maximum.
Il
faut tenter de neutraliser le métal avec des préparations type
Neutraliser (dans le commerce pour étang) ou avec des chélateurs vendus en
pharmacie (EDTA Ca, NTA,..).
Dés
que possible, il faut contrôler les paramètres de l’eau en veillant à
maintenir un GH, un KH et un pH optimaux, voir un peu trop haut et ce
pour la période la plus longue possible. Si
la situation est grave ou évolue rapidement, transférer les poissons dans une
eau propre et effectuer de grands changements d’eau du bassin pour diluer le métal.
Il
faut aussi contrôler régulièrement la filtration en mesurant les taux de
nitrites et d’ammoniac de l’eau.
Passé
la phase critique, on doit ajouter des reconstituants du mucus
type Immunogen, Discus Safe, Aloe Gel.
Pour
le bien-être général, il est impératif de surveiller de très près
l’environnement dans lequel les carpes koï évoluent, d’où il nous faut
s’avoir si l’eau du bassin répond aux normes de qualité qui assurent la
bonne santé de nos poissons.
Une
carpe koï est un poisson costaud qui s’adapte sans trop de problèmes à des
changements mineurs et graduels dans la qualité de l’eau, mais
des variations soudaines ou une qualité aquatique chroniquement mauvaise
par contre entraînent le risque d’une toxicité directe, ainsi qu’une
augmentation de stress.
La
qualité de l'eau est déterminée par de nombreux paramètres
-
la température
-
le pH (acidité ou alcalinité)
-
le GH (dureté de l’eau) salinité
-
le KH (dureté en carbonate)
-
le taux d’oxygène (O²)
-
les concentrations en ammoniac (NH³)
-
les nitrites (NO²)
-
les nitrates (NO³)
-
le chlore
-
la chloramine
La
température
Les
carpes koï sont des poissons extrêmement
résistants, capables de survivre à des températures de 2 à 30°C. Ce sont
principalement les modifications subites de la température qui peuvent être
dangereux. Une variation de la température de plus de 5°C par jours présente
déjà des risques et ceci principalement dans des
petits bassins. Au plus le volume d’eau est grand, au plus stable sera la température.
Durant
l’hiver la carpe koï peut survivre dans une température ambiante de l’eau
de 2°C. Le système immunitaire du poisson étant à son bas niveau, des agents
pathogènes comme les infections de champignons (saprolegnia) peuvent se
produire plus vite pendant la période d’hiver.
Le
pH de l’eau
Nous
savons que l’échelle de pH sert à mesurer l’acidité ou l’alcalinité
d’une masse d’eau. Elle s’échelonne de 0 (extrêmement acide) à 14 (très
alcalin). Le pH est inverse de la concentration en ions d’hydrogène ( H+) par
rapport à la concentration en ions hydroxyles (OH) donc plus les ions d’hydrogène sont nombreux, plus l’eau est
acide et plus le pH est bas. Au point neutre (pH7), les concentrations en ions H
et OH s’équilibrent. Cette échelle est logarithmique, donc chaque mesure a
une valeur dix fois supérieure à la précédente et dix fois inférieure à la
suivante , une eau de pH6 est donc dix fois plus acide qu’une eau de pH7, le
pH5 est donc cent fois plus acide que le pH7.
Pour
la carpe koï, le pH se situe idéalement entre 6,8 et 8 (neutre à légèrement
alcalin).
Aussi
longtemps que les variations en degré d’acidité se font progressivement (au
maximum 0,5 degrés par jour), les carpes koï pourront survivre même dans une
eau à pH de 5 à 10.
Lors
de l’introduction d’un spécimen dans notre bassin, le transfert d’eau
entre celui du sac et celui du bassin doit se faire progressivement (voir
article achat et introduction) et ceci afin d’éviter que le poisson ne soit
stressé ou que la muqueuse soit atteinte.
A
savoir
La
valeur du pH baisse en cas d’une teneur en oxygène faible
Donc
La
valeur du pH monte en cas de forte aération car le CO2 (dioxyde de carbone) est
repoussé de l’eau.
L’eau
de distribution a, en principe, un pH proche du neutre.
L’eau
de pluie est acide (pH 5 pouvant atteindre 4 et 3).
L’eau
de distribution a, en principe, un pH proche du neutre
Des
pluies abondantes peuvent donc modifier le niveau du pH.
Le
GH (DH) dureté de l’eau
L’eau
douce naturelle contient des substances en dissolution, 95% de cette
concentration est essentiellement du chlorure, des sulfates, du carbonate, du
bicarbonate, du calcium, du magnésium, du sodium et potassium. Cette présence
détermine la dureté et la salinité de l’eau.
Variant
considérablement, elle dépend essentiellement de la concentration en sels de
calcium et de magnésium, donc on peut dire que la dureté total est définie
par les sels de calcium et de magnésium.
D’autres
part, la dureté de l’eau a un effet sur son alcalinité, car, une brusque
augmentation temporaire de la dureté (provoquée par la présence d’ions de
bicarbonate) accroît l’alcalinité de l’eau, d’où, on comprend que la
dureté et le pH de l’eau sont des paramètres directement liés.
Les
carpes koï supportent des écarts de dureté assez importants. Dans une eau
douce, une carpe consomme plus d’énergie pour garder sa balance sel/eau en équilibre.
C’est
la raison pour laquelle, on peut administrer quelques sels à l’eau quand les
poissons sont affaiblis et qu’il faut alléger leur osmorégulation. Dans une
eau dure, des calculs aux reins se déclarent plus souvent pour les koï.
Au
japon, les éleveurs préfèrent une valeur GH faible, entre 2 et 3 GH.
0-4°
= très doux
4-8°
= doux
8–12°
= moyennement dur
12-25°
= dur
25°
d = très dur
Avantage
d’une eau douce
-
Une eau douce favorise la croissance et un meilleur développement du teint
rouge.
-
Selon les japonais, cette même eau douce augmente également la résistance du
koï.
Inconvénient
d’une eau douce
-
Le teint blanc sera moins clair et que le noir se développera plus lentement.
-
L’osmorégulation du koï doit être plus efficace afin de maintenir l’équilibre
interne eau/sel.
La
dureté en carbonate (KH)
Le
KH est composé de carbonate (CO³) et de ions d’hydrocarbure (HCO³).
Un
KH moyen se situe entre 8 et 12, mais les japonais prétendent qu’un KH entre
1 et 4 est optimal pour un koï. La dureté en carbonate est très importante
pour la puissance de tamponnement de la valeur pH de l’eau. Le KH doit être
suffisamment haut pour garantir un pH stable, nous sommes souvent confrontés à
des variations d’où il est conseiller d’avoir une valeur KH plus élevée
dans nos bassins (entre 4 et 7°).
La
dureté en carbone est l’élément le plus important dans le system de
tamponnement de l’eau et permet d’éviter que de trop grandes variations de
PH se manifestent.
On
peut en déduire que l’ion H+ acide prend d’abord les ions de carbone et ce
n’est qu’après les avoir tous épuisé, que se forme le CO² et que le pH
baisse ; on peut également en déduire qu’une eau dure (KH élevé) possède
un fonctionnement de tamponnement excellent. Dans les bassins d’eau douce (KH
bas), les variations du pH entre le jour et nuit seront, par contre, plus
prononcées.
Rendre
l’eau plus dure ou plus douce :
On
peut relever la dureté en ajoutant des sels de calcium ou en introduisant un
sac à calcaire de moules ou pierre calcaire dans le filtre.
Si
l’on veut se limiter à relever le KH, il faut ajouter de l’hydrogenocarbonate
de sodium (NaHCO³) à l’eau.
Si
l’on veut rendre l’eau plus douce, on filtre sur tourbe ou par un échangeur
d’ions.
Attention
Les
médicaments comme le formaline, le chlorure et le sulfate de cuivre sont plus
toxiques dans l’eau douce, mais moins actifs dans une eau dure. Dans une eau
dure, les carpes koï risquent moins d’être intoxiquées par des métaux
lourds, étant donné que ceux-ci seront liés par le grand nombre d’ions et
donc neutralisés.
Le
taux d’oxygène (O²)
La
teneur en oxygène dissous dans l’eau dépend des facteurs
-
températures,
-
pression atmosphérique,
-
la présence de plantes ou d’algues dans le bassin,
-
des déchets organiques,
-
du débit de l’eau et volume du bassin,
- du
sel dissous dans l’eau.
Le
koï a besoin d’au moins 6mg d’oxygène / litres d’eau, il faut donc que
l’eau puisse circuler 24 heures sur 24 et 365 jours par an dans le bassin. Je
suis souvent interpellé par des personnes qui coupent les pompes durant la nuit
ou les mois d’hiver. C’est selon moi une erreur car le gaz carbonique
toxique (les déchets de la respiration) peuvent rester prisonnier de la glace.
Comme
l’eau chaude retient moins bien l’oxygène que l’eau froide, les risques résultant
du manque d’oxygène sont plus élevés durant les mois d’été et plus
particulièrement durant la nuit.
Dans
la journée, les plantes aquatiques absorbent le gaz carbonique et rejettent
l’oxygène selon un processus appelé photosynthèse. Dans la nuit, le
processus s’inverse et donc il n’est pas surprenant de constater que le taux
d’oxygène est parfois dangereusement bas, la situation s’aggrave encore par
temps humide et orageux, lorsque la pression atmosphérique réduit la quantité
d’oxygène atmosphérique disponible par unité de surface de l’eau.
Eau
douce en litre
Pression
atmosphérique
En
mm de mercure
Température
de l’eau
En
degré centigrade
Saturation
à 100% atteinte
avec…mg
d’O²
1
760
0°
14,6
1
760
20°
9,1
1
760
30°
7,5
Plus
la température de l’eau augmente, moins elle contient d’O². Pour
satisfaire les besoins vitaux, il conviendra d’apporter de l’oxygène.
L’accumulation
de déchets organiques qu’ils proviennent de la nourriture non absorbée ou
des excréments, réduit encore d’avantage le taux d’oxygène de l’eau, il
importe donc d’évacuer ces déchets avant qu’ils n’aient le temps de se
transformer en vase organique.
Le
rapport avec les autres valeurs de l’eau est tout aussi important. En
introduisant plus d’oxygène dans l’eau, on diminue la teneur en CO² et la
dureté carbonique (KH), par contre l’acidité (pH) augmentera.
Le
moment idéal pour analyser la teneur en oxygène se situe entre 6 et 7 heures
du matin, lorsque le taux d’oxygène est au plus bas.
Le
comportement des carpes koï nous apprend déjà pas mal de chose. Les poissons
nagent dans une eau à base teneur en oxygène, sont paresseux et se trouvent
souvent en général immédiatement sous le niveau d’eau et à proximité
d’un conduit d’eau.
Ce
sera toujours les plus grands spécimens qui mourront d’un manque d’oxygène
avant les petits.
Peut-il
y avoir une saturation en oxygène ?
Oui,
mais c’est très rare. Une saturation excessive de gaz (principalement
l’azote) dans l’eau peut donner lieu à ce qu’on appelle la maladie des
bulles de gaz. Ces bulles de gaz sont absorbées par le corps du poisson. Les
symptômes typiques sont l’apparition de bulles de gaz au niveau des
branchies, des yeux, des nageoires et autour de la bouche.
Bulle
de gaz sur la nageoire
La
concentration en ammoniac (NH³)
Très
toxique et très dangereux, l’ammoniac est un gaz qui résulte de la décomposition
des déchets organiques et le produit résiduel des échanges métaboliques du
poisson, essentiellement rejeté par les branchies. Il est mortel à très faible
concentration.
Une
concentration de 0,2-0,5 d’ammoniac par litre d’eau augmente considérablement
le taux de mortalité. Il faut s’avoir (et cela se sont des repères) qu’un
dixième de cette concentration suffit à accroître la sensibilité aux
maladies et qu’un centième de cette concentration provoque des irritations
des branchies et de la muqueuse du poisson.
Intoxication
d’ammoniaque
Une
surpopulation est souvent la cause d’un déséquilibre où on aura des teneurs
en ammoniac élevées.
Bon
a savoir
Toute
augmentation de la température et du pH renforce la toxicité de l’ammoniac,
tandis qu’un accroissement de la salinité le réduit.
Pour
éviter trop de perte lors du transport des koï du japon, on veille à une
acidité réduite dans l’eau ( d’un pH de 6,5 ) avec comme résultat que
l’ammoniac est quasiment inoffensif.
En
cas d’intoxication de NH³
D’urgence
Une
teneur en ammoniac élevée ne peut être réduite qu’en changeant 1/3 ou 20%
de l’eau du bassin, au maximum. Si aucun changement n’a lieu après 12h00,
procédez au renouvellement un seconde fois.
A
long terme, la teneur en ammoniac peut être réduite à l’aide d’un bon
filtre bactériologique et d’une ration journalière de nourriture réduite et
limitée.
Ajouté
du Zéolite au filtre aura comme effet de faire absorber immédiatement
l’ammoniac présent dans l’eau (1 kg de zéolite/5 litres d’eau).
La
fixation chimique de l’ammoniac sur la zéolite est très faible. D’où une
fois saturée, on trempe la Zéolithe dans une solution salée (6g de sel /litre
d’eau) durant 24h, lavez et rincez abondamment à l’eau douce avant de la
reverser dans le filtre d’où, un filtre à zéolithe interdit
l’utilisation du sel à titre curatif dans le bassin. En effet, au contact du
sel, la Zéolithe libère l’ammoniac et les autres toxines.
Les
nitrites (NO²)
Les
nitrites sont un produit de dégradation de l’ammoniac résultant d’une séquence
naturelle de réactions biochimiques appelées universellement le cycle de
l’azote.
Hautement
toxiques, ils s’attaquent à l’hémoglobine des globules rouges et
provoquent l’apathie et l’asphyxie.
Toute
augmentation de nitrite est fatale aux carpes koï de moins de 15 cm, les plus
grandes
deviennent léthargiques et se couchent sur les flancs au fond du bassin et ceci
même si elles viennent se nourrir en surface.
Si
la concentration de nitrites est supérieure à 0,15 mg/l, renouvelez régulièrement
20% de l’eau.
Tout
comme l’ammoniac, les nitrites voient leur toxicité réduire lorsque la
salinité de l’eau augmente, d’où
il est conseillé d’ajouter du sel (3g NaCL/L). L’ion de chlorure va en
effet entrer en compétition avec le nitrite pour se faire absorber par les
branchies.
Attention,
s’il y a de la Zéolite dans le filtre, pas de sel à l’eau pour le nitrite.
Le
mieux est d’avoir un bon filtre biologique, une bonne aération, moins de
nourriture, et une population moins dense.
Le
nitrate (NO³)
Nous
savons que le nitrate est formé à partir du nitrite, par la bactérie
Nitrobacter.
Les
valeurs idéales en nitrates se situent en dessous de 20mg/l. Une fois supérieures
à 50 mg/l, les nitrates ne sont pas vraiment nocives, mais peuvent retarder la
croissance des jeunes koï, décolorer leur teint, diminuer la résistance et
donner lieu à une profusion d’algues.
A
partir de 500mg/l, le nitrate est mortel.
Le
nitrate est plus toxique dans une eau salée et avec un pH bas. S’il y a un
manque d’oxygène brusque, une haute valeur en nitrates peut être dangereuse
car par ce procédé, il peut se transformer en nitrite toxique.
Les
œufs et les alevins sont très sensibles aux nitrates par rapport aux carpes koï
adultes
Etant
donné que les algues et les plantes aquatiques du bassin absorbent ces
substances comme engrais, le meilleur remède pour diminuer la teneur en
nitrate, en dehors du changement d’eau, sera d’introduire des plantes.
Le
Chlore et la Chloramine
Afin
de rendre l’eau propre à la consommation humaine, les sociétés de
distribution d’eau la traitent à l’aide de chlore comme désinfectant.
Introduit sous forme gazeuse, le chlore se combine avec l’eau pour former,
entre autre l’acide hypochloreux, qui agit comme désinfectant. Inoffensive
pour l’homme, elle peut être très toxiques pour les carpes koï et autres
poissons.
Sachez
également que le taux de chlore risque d’augmenter en été, lorsque les sociétés
de distribution augmentent la chloration pour lutter contre l’augmentation
saisonnière des bactéries pathogènes dans l’eau.
Une
intoxication au chlore se traduit généralement par une insuffisance
respiratoire.
Comme
le chlore s’évapore facilement, il s’élimine rapidement si vous aspergez
l’eau pour remplir ou ajouter de l’eau au bassin
Pour
un nouveau bassin rempli avec de l’eau de ville, patientez durant 7 à 10
jours afin que le chlore puisse s’éliminer.
Actuellement
et suite aux pertes de chlore dans les canalisations, les sociétés de
distribution ajoute à la chloration de l’eau de la chloramine, ces dérivés
organiques chlorés se forment par la combinaison entre le chlore et
l’ammoniac, efficace pour une désinfection de l’eau pour l’homme, mais très
dangereux pour le koï, car il se produit à terme deux fois plus d’acide
hypochloreux.
Pour
l’amateur de carpes koï, la chloramine constitue un véritable problème dans
la mesure où elle est encore plus difficile à éliminer que le chlore.
Ce
n’est que en filtrant l’eau du bassin dans un filtre avec une aération
maximale durant 15 à 20 jours que l’on peut s’en débarrasser.
D’où
l’importance d’avoir un bulleur dans le filtre et une bonne aération dans
le bassin à koï.
Résumé
ou rappel
-
Température, les carpes koï supportent de 2° à 30°c.
-
pH, pour le koï, le pH idéal est entre 6,8 et 8 (neutre à légèrement
alcalin).
-
En cas de baisse de l’oxygène, le pH baisse.
-
En cas d’une forte aération le pH monte.
-
GH, les carpes koï supportent des écarts de dureté assez importants, dans une
eau douce une carpe consomme plus d’énergie pour garder sa balance sel/eau en
équilibre.
-
Une eau douce favorise la croissance et un meilleur développement du teint
rouge.
-
Selon les japonais, une eau douce augmente également la résistance du koï.
-
L’inconvénient d’une eau douce est que l’osmorégulation du koï doit être
plus efficace pour maintenir l’équilibre eau /sel.
-
KH, il est conseiller d’avoir une valeur KH entre 4 et 7°.
-
Une eau d’un KH élevé possède un fonctionnement de tamponnement excellent.
-
O2, le koï a besoin d’au moins 6mg d’oxygène/litres d’eau et ceci 24/24
pour 365 jours / an.
-
L’eau chaude retient moins bien l’oxygène que l’eau froide.
-
En introduisant plus d’oxygène dans l’eau, on diminue la teneur en CO² et
la dureté carbonique KH, l’acidité PH par contre augmentera.
-
NH³, ammoniac. Une concentration de 0,2 – 0,5 d’ammoniac par litre d’eau
augmente considérablement le taux de mortalité.
-
Une surpopulation est souvent la cause d’un déséquilibre ou il y aura des
teneurs en ammoniac élevé.
-
Toute augmentation de la température et du pH renforce la toxicité de
l’ammoniac, tandis qu’un accroissement de la salinité la réduit.
-
Des teneurs d’ammoniac élevées ne peuvent être réduites d’urgence que
par un changement d’eau de 1/3 ou 20% de l’eau du bassin.
-
On peut ajouter de la zéolite pour éliminer l’ammoniac si on n’utilise pas
du sel dans l’eau.
-
NO², toute augmentation de nitrite est fatale aux carpes koï de moins de 15
cm, les plus grandes deviennent léthargiques et se couchent sur les flancs.
-
Si la concentration de nitrites est supérieure à 0,15 mg/L, renouvelez régulièrement
20% de l’eau.
-
La teneur en nitrites diminue lorsque la salinité de l’eau augmente tout
comme l’ammoniac.
-
NO³, le nitrate est plus toxique dans une eau salée et avec un pH bas, si il y
a un manque d’oxygène brusque, une haute valeur en nitrates peut être
dangereuse, car ils peuvent se transformer en nitrite toxique.
-
Le meilleur remède pour diminuer la teneur en nitrate, en dehors du changement
d’eau, sera d’introduire des plantes.
-
Le chlore, une intoxication au chlore se traduit généralement par une
insuffisance respiratoire.
-
Lors de remplissage, aspergez l’eau pour le remplissage, ainsi le chlore s’évapore.
-
La chloramine, pour s’en débarasser, il faut avoir une bonne aération dans
le bassin et dans le filtre.
Comment
tester l'eau ?
Il
estnécessaire de procéder régulièrement à des
tests d’eau afin de contrôler si tous les paramètres se situent dans les
valeurs idéales et ainsi de gérer l’équilibre biologique.
Il
existe plusieurs types de testeurs : électroniques, réactifs chimiques
Les
testeurs électroniques (très coûteux) sont réservés aux professionnels.
Les
testeurs réactifs chimiques (pratiques et peu coûteux) que l’on rencontre
dans le commerce soit sous forme liquide, soit sous forme de bandelettes. Dans
les deux cas, il s’agit de mettre le réactif en contacte avec un échantillon
d’eau ; une échelle colorimétrique renseigne sur les teneurs.
Quand
tester l’eau ?
- Régulièrement, après le
remplissage initial du bassin afin de vérifier son évolution.
- En gestion courante, dans
tous les cas en début de chaque saison afin de relever les principaux paramètres
de l’eau avant le démarrage saisonnier et ensuite lorsque des modifications
sensibles de l’équilibre biologique apparaissent :
°
prolifération d’algues
°
apparition à la surface de l’eau d’un film ressemblant à de l’huile
(cyanobactéries)
°
modification de la coloration de l’eau qui verdit ou devient brunâtre
°
avant l’introduction d’un nouveau poisson
°
avant chaque nouveaux travaux d’amélioration du bassin ou du filtre
°
lors d’apparition de maladie (parasite ou autres).
Toutes
ces manifestations doivent avoir un caractère quelque peu durable car le bassin
a parfois des réactions temporaires qu’il convient de négliger : comme
par exemple une modification après un orage, dérèglement passager après un
coup de chaleur.
Personnellement,
j’inscris chaque test et sa valeur dans un calendrier, ainsi en cas de problème
je peux plus facilement diagnostiquer.
La
qualité de l'eau dépend également des bactéries
Inutile je pense de revoir
tout le système, je vous propose un survol des questions de façon générale.
Que sont les bactéries ?
La bactérie est un
micro-organisme, de 0,3 à 2,5 microns, unicellulaire, formant un règne
autonome ni animal ni végétal, de formes très variées, pouvant vivre en
saprophytes ( sol, eau, organismes vivant ) ou comme parasites de l’homme, des
animaux et des plantes.
Ces bactéries ont besoin
de trouver dans l’environnement tous les éléments constitutifs de leur
structure. Elles sont constituées à 80% d’eau et 20% de matières sèches se
répartissant comme suit Carbone 50%, Azote 15%, Hydrogène 10%, Oxygène 20%,
Phosphore 3% ; mais aussi du S, Mg++, Mn++, Zn++, Cr, Na+, K+, …
Mais les bactéries sont-elles néfastes pour
l’écosystème ?
Il convient d’abord de
les classer ; il y a des bactéries pathogènes (qui peuvent causer
des maladies) et des non pathogènes (qui ne provoquent pas de maladies).
Ces deux groupes se
retrouvent toujours en milieu aquatique.
Les poissons en bonne santé
sont capables de résister aux agressions des bactéries pathogènes, si l’équilibre
est rompu en sa défaveur, la maladie se déclare selon un niveau de gravité
variable.
De quoi se nourrissent les bactéries ?
Certaines ont la spécificité
de récupérer les éléments qui leur sont nécessaires directement dans la
matière organique et libèrent des matières inorganiques : êtres hétérotrophes
(comme tous les animaux), ce sont les bactéries organotrophes.
Elles se nourrissent spécifiquement
de glucides, de lipides, ou de protides.
D’autres utilisent pour
leur croissance le carbone inorganique et autres éléments minéraux puisés
directement dans le milieu ; les bactéries lithotrophes, des êtres
autotrophes (comme les végétaux).
Pour synthétiser leur
constituants, elles ont besoin d’énergie qui peut provenir de deux
sources différentes : L’énergie lumineuse, la lumière (phototrophie)
et l’énergie chimique d’oxydation (chimiotrophie).
Cette fonction de nutrition
est assurée en grande partie par ce que l’on nomme la respiration qui
est l’ensemble des fonctions assurant les processus d’oxydation d’un
organisme vivant.
Comment se nourrissent elles ?
Pour utiliser leur
nourriture, les bactéries fabriquent des enzymes qui vont permettrent la dégradation
des macromolécules (sucre, amidon, cellulose, protéines, …) et leur
transformation en molécules simples.
Ces
enzymes sont des catalyseurs chimiques, c’est-à-dire qu’elles accélèrent
les réactions chimiques, tout en restant, en fin d’opération, intactes
(elles ne se transforment pas).
Les bactéries ont-elles besoin d’O² ?
Cela dépend de la souche
concernée :
Les bactéries aérobies
ont besoin d’une saturation de l’eau en O² proche de 10%.
Les bactéries microaérophiles
ont besoin de peu d’O² pour se développer.
Les bactéries anaérobies,
l’oxygène leur est toxique. Elles se développent en milieu très réducteur.
Les bactéries aéroanaérobies
facultatives peuvent se développer indifféremment en présence ou absence
d’O².
La température de l’eau est-elle
importante pour les bactéries ?
Oui, chaque souche a sa
plage de fonctionnement.
Les bactéries mésophiles
s’activent selon des plages de T° de + 10°C jusqu’à 50°C. Ce sont les
plus nombreuses et celles qui nous intéressent pour le bassin.
Le pH a-t-il une influence sur l’activité
des bactéries ?
La plupart des bactéries
se développent lorsque le pH est compris entre 5,5 et 9.
Les bactéries intéressantes
pour nos bassins fonctionnent idéalement à des pH de 8 à 8,5 et sont donc
alcalinophiles.
Comment se reproduisent les bactéries ?
Elles se reproduisent par
division cellulaire. Le mode de reproduction est binaire ou scissiparité :
une cellule mère donne deux cellules filles qui à leur tour donne chacune deux
cellules, et ainsi de suite.
Les bactéries colonisent
très rapidement un milieu, heureusement un équilibre s’établit très
rapidement grâce à des facteurs limitant cette multiplication exponentielle
(manque d’énergie, de nourritures, concurrence d’autres espèces).
Les bactéries se conservent-elles ?
Certaines espèces bactériennes,
quand les conditions extérieures leurs deviennent défavorables, ont la faculté
de former un < spore >, (espèce de coquille) : il n’y a plus d’échange
avec le milieu extérieur, elles ne se nourrissent plus et stoppent toute
activité.
La bactérie peut ainsi résister
à une pénurie de nourriture, à une élévation importante du pH, de la t°,
ext…
Les bactéries lithotrophes
nitrifiantes comme Nitrobacter et Nitrosomonas ne se conservent que de manière
fugace et ne sporulent pas.
De quoi se composent les produits du commerce ?
Les produits du commerce se
présentent sous forme de poudre ou de liquide et se composent de souches spécifiques,
isolées, cultivées et multipliées en très grand nombre en laboratoire pour
former un lot.
Elles seront ensuite
lyophilisées (déshydratées) et conditionnées en grand nombre sur des
supports bactériens.
Les bactéries lyophilisées
sous forme de poudre se réveilleront en milieu aqueux tandis que les bactéries
conservées en milieu liquide s’activeront essentiellement lors de la
dilution.
Les bactéries de toute façon s’installent
naturellement, dés lors, pourquoi ensemencer ?
C’est parfaitement exact.
Toutefois, ensemencer est
indispensable pour les raisons suivantes : un ensemencement accélère
de manière sensible la colonisation du biotope avec les bonnes bactéries,
celles qui sont favorables au bassin aquatique. Ainsi, elles priveront les bactéries
indésirables de nourriture (dont les pathogènes) et régneront en maître
sur le territoire. Il y aura donc un équilibre favorable pour le bassin.
Quand doit-on ensemencer ?
Bien évidemment à la mise
sous eau du bassin, après avoir cependant respecté, pour un remplissage à
l’eau de distribution, un délai de deux à trois jours, afin de permettre au
chlore de s’évaporer.
Il s’agira d’un
ensemencement de base : placer des bactéries surtout dans le bassin
et un peu sur les masses filtrantes
A chaque ensemencement, il
convient d’arrêter les UV pendant quelques jours.
Quelles
sont les conditions favorables aux bactéries ?
Critères
minimum
Maximum
Conditions
optimales
Température
°C
5°
45°
15
à 25°
pH
4,5
9
8
– 8,5
Saturation
en O²
50%
100%
100%
Quel est le meilleur moment dans la journée
pour ensemencer ?
La
fin de la journée, ou début de soirée, c’est le meilleur moment car la température
est la plus haute dans le bassin.
Dans quelles circonstances les bactéries de
filtration se développent-elles le plus vite ?
Le
cycle de l’azote indique comment les bactéries de filtration convertissent
l’ammoniaque toxique (NH3) en nitrite (NO2) (par la bactérie Nitrosomas spp)
et ensuite en nitrate moins nuisible (NO3) (par la bactérie Nitrobacter spp).
Ces bactéries étant aérobes, ce processus ne peut réussir qu’en présence
de suffisamment d’oxygène.
Finalement,
le nitrate est assimilé par les plantes et converti par la voie anaérobe en un
dérivé azoté. Cette culture anaréobe de bactéries se situe dans les couches
inférieures du filtre et de l’étang.
Les
bactéries nitrifiantes s’incrustent et poussent dans les substrats du filtre.
Il est donc indiqué d’utiliser des substrats à grande surface, pour que le
plus grand nombre de bactéries puissent pousser. Les substrats le plus utilisé
sont les cailloux poreux, les tapis japonais, les bioballs…
Le
plus grand nombre des bactéries nitrifiantes se trouvent dans les couches supérieures
du filtre, ou l’oxygène est le plus abondant. Il faut donc bien aérer le
filtre.
Finalement,
les bactéries de filtration poussent mieux dans un endroit sombre et chaud et
non dans un endroit froid et fortement éclairé.
Combien de temps faut-il avant qu’un filtre
ne soit mûr ?
Contrairement
à la plupart des autres bactéries, les bactéries nitrifiantes se multiplient
très lentement. Elles ne se divisent que toutes les 15 heures, tandis que les
autres bactéries le font toutes les 2 heures.
Il
est important à savoir qu’il faut 1 mois (à 25°) à 2 mois (à 10°), avant
qu’un filtre biologique ne fonctionne à sa pleine capacité dans l’eau
douce.
Un
filtre n’obtient sa capacité maximale qu’après un an.
Un filtre biologique
mûr demande-t-il
beaucoup d’entretien ?
Il
est rare qu’il faille nettoyer un filtre biologique bien mûr. Si cela s’avère
tout de même nécessaire, il ne faut pas le nettoyer entièrement et ne jamais
nettoyer le matériel de filtration en une seule fois, au risque d’éliminer
toutes les bactéries nitrifiantes.
Seule
l’eau d’étang convient pour rincer le filtre. Les détergents et l’eau du
robinet chlorée tuent les bactéries nitrifiantes.
Un filtre biologique, doit-il continuer à
fonctionner pendant l’hiver ?
Il
est préférable de ne pas arrêter complètement le filtration pendant
l’hiver, car, par le peu de mouvement, l’eau risque de geler plus rapidement
et les bactéries nitrifiantes aérobes périront après quelques heures par
manque d’oxygène.
Après
la période d’hiver, nous aurons, en cas d’arrêt, affaire à un filtre MORT,
composé essentiellement de bactéries anaérobes. Ces anaérobes forment le
H2S-, un gaz extrêmement toxique, à l’odeur d’œufs pourris. Il cause des
problèmes de respiration aux poissons et en haute concentration, même leur
mort.
Quand
on constate cet état des choses, il faut nettoyer complètement aussi bien le
bassin que le filtre.
Quels sont les effets des médicaments sur le
filtre biologique ?
Un
certain nombre de médicaments comme le bleu de méthylène détruisent les bactéries
nitrifiantes du filtre et les antibiotiques en particulier sont très nuisibles
au filtre biologique.
Il
est donc important de porter un bon diagnostic en cas de problèmes et de ne
traiter que si cela s’avère vraiment nécessaire.
Il
faut préférer à juste titre la quarantaine d’un sujet malade que de traiter
tout le bassin.
De
Vries Philippe.
Je
remercie tous ceux qui m’ont aidé à créer cet article.
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